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Confession Intime : Au lycée :


Au lycée, le lendemain, je ne prêtai au cours qu'une attention distraite, ne cessant d'observer Cécile à la dérobée. Elle n'eut pas un regard, pas l'amorce d'un geste dans ma direction. J'en ressentis un mélange de colère sourde et de frustration. Quoi ? Avais-je rêvé tout cela ? Je m'efforçai de me rappeler son expression, la veille dans sa chambre, quelques instants avant l'arrivée de sa mère. Le souvenir se refusait à moi, les images restaient floues, comme si quelque chose en moi me refusait le plaisir d'une évocation dont j'attendais à la fois soulagement et promesse. Je décidai de mettre fin à ma torture mentale et me branchai sur la leçon du jour : les poètes du Parnasse .

Une séance de cinéma était prévue, dans l'après-midi. Le lycée nous offrait de temps à autres de ces divertissements à prétention culturelle. Nous avions déjà eu droit à La Grande Illusion , au Quai des Brumes , aux incontournables Enfants du Paradis et à quelques classiques américains tels que Citizen Kane et, dans un tout autre registre, Les Dix commandements.

Cette après-midi, on nous projetait Le Guépard . J'avais espéré que Cécile s'arrangerait pour venir occuper la place que je m'étais efforcée de maintenir libre à côte de moi, mais il n'en fut rien. Je crus l'apercevoir, dans le fond, avec les grands qui, en général, rehaussaient les séances culturelles du jeudi après-midi de leur chahut. Je me résignai donc à demeurer en dehors de la présence de Cécile. Je dus me retirer un instant, vers la moitié du film.

Lorsque je revins pour occuper ma place, je crus défaillir de surprise et de joie : Cécile était là, occupant la place à côté de la mienne. Mon cœur battait à tout rompre lorsque je vins m'asseoir à ses côtés. Elle n'eut pas un regard dans ma direction. Je vis bien pourtant, dans la clarté bleutée que nous renvoyaient les images projetées sur l'écran, que Cécile souriait d'un petit air coquin. Je sentais son parfum, j'avais l'impression de l'entendre respirer malgré le tumulte ambiant. Je regardai un long moment ce profil parfait, ce nez bien droit, ces lèvres un peu boudeuses, ce menton admirablement dessiné. Indécise, je me décidai à reprendre le fil de l'action qui se déroulait sur l'écran. Je me laissais aller à la douce satisfaction de savoir tout près de moi celle qui, déjà, était l'objet de mes pensées et de mes désirs les plus secrets.

Je sursautai lorsque je sentis la main de Cécile se poser sur mon genou. Le premier émoi passé, je me contrains à la plus grande immobilité, (...)

Histoire postée par 18ans le 11 Juin 2009 dans Lieux.

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